Jan van Eyck

Jan van Eyck (ou Johannes de Eyck, Maaseik, vers 1390-Brujas, 9 juillet 1441) était un peintre flamand qui travaillait à Bruges. Il est considéré comme l’un des meilleurs peintres d’Europe du Nord du XVe siècle et le plus célèbre des primitifs flamands. Robert Campin, qui travaillait à Tournai, et les frères Van Eyck, en Flandre, ont été les figures de transition entre le gothique international et l’école dite flamande. Le style flamand, apparu aux Pays-Bas au XVe siècle, est traditionnellement considéré comme la dernière phase de la peinture gothique. Une autre école de pensée le place dans le cadre de ce qu’il est convenu d’appeler la pré-Renaissance. Ce style de peinture gothique tardif du XVe siècle, qui annonce la Renaissance du Nord en Europe, est également appelé Ars nova.

Biographie

Jan van Eyck appartenait à une famille de peintres. Il a souvent été apparenté au peintre Hubert van Eyck, qui est considéré comme son frère, car on pense qu’ils étaient tous deux originaires de la même ville, Maaseik. Un autre frère, Lambert van Eyck, est mentionné dans des documents judiciaires bourguignons et l’on suppose qu’il était peut-être peintre et qu’il a supervisé la fermeture de l’atelier de Jan van Eyck à Bruges. Un autre peintre important, et plutôt jeune, qui a travaillé dans le sud de la France, Barthélemy van Eyck, est considéré comme un parent.
La date de naissance de Van Eyck est inconnue. Une tradition qui remonte à Lucas de Heere (1559) et à Marcus Van Vaernewijck (1568) établit que Van Eyck est né à Maaseik, près de Maastricht, dans la province de Limbourg, sur les rives de la Meuse, dans le diocèse de Liège. On ne sait rien de sa formation artistique, ni même si elle s’est déroulée en France ou dans son pays natal. Il s’est probablement formé dans le domaine de la miniature, où il a appris à aimer les détails minutieux et les techniques raffinées, ce qui se reflète également dans ses peintures. On a suggéré qu’il s’était peut-être formé à Paris, mais rien ne permet de l’affirmer.

Le document le plus ancien dont on dispose à son sujet provient de la cour de Jean III de Bavière, prince-évêque de Liège, comte de Hollande et de Zélande, à La Haye, où des paiements ont été effectués à Jan van Eyck entre octobre 1422 et septembre 1424 en tant que peintre de la cour, avec le rang de valet de la cour, et d’abord un, puis deux assistants. Cela suggère une date de naissance au plus tard en 1395, et peut-être même plus tôt. L’âge apparent de son éventuel autoportrait suggère à la plupart des spécialistes une date antérieure à 1395.
Ses premiers pas artistiques se font dans le monde de la miniature, à une époque dominée par la tradition française du gothique tardif. De cette première période, il ne reste que les miniatures du livre d’heures de Turin. Leur datation et leur commanditaire ne sont pas clairs. On a suggéré qu’elles avaient été commandées par le duc Guillaume IV de Bavière avant 1417. Cependant, il est généralement admis qu’il a été exécuté à La Haye pour le comte de Hollande, Jean de Bavière, entre 1422 et 1424. La plupart des miniatures qu’il contenait ont été détruites par un incendie en 1904, bien que des photographies existent, mais une autre partie du manuscrit est conservée au Museo civico d’arte antica de Turin. Dans les meilleurs feuillets du livre de miniatures, attribué par Hulin de Loo au «Maître G» (peut-être Jan van Eyck), les personnages sont déjà pleinement intégrés dans un espace réaliste, avec une lumière qui unifie la représentation et délimite la pièce et les occupations des personnages avec une grande précision et des détails minutieux. Il est clair que Van Eyck, comme Masaccio, s’est posé le problème de la réalité : mais alors que l’Italien a fait une synthèse qui embrasse l’essence des choses seules, en prenant soin de la placer dans un espace avec une perspective unitaire et rationnelle, l’artiste flamand a plutôt procédé en analysant avec lucidité et attention les objets singuliers tels qu’ils apparaissent à nos sens.
On ne sait pas exactement si ces miniatures ont été exécutées par Jan ou par son frère Hubert, comme c’est le cas pour d’autres œuvres de cette période. La paternité des œuvres de Van Eyck antérieures à 1426, date de la mort de son frère Hubert, est contestée et l’attribution à Hubert ou à Jan est délicate. C’est le cas des Trois Marie devant le tombeau du musée Boymans van Beuningen, que l’on attribue généralement à Hubert en raison du caractère archaïque de la composition. Une Crucifixion de la Gemäldegalerie de Berlin semble être de Hubert van Eyck, et on s’est même demandé si le triptyque de Dresde était de Jan ou de Hubert. Le panneau central de ce triptyque représente la Vierge à l’Enfant intronisée et les panneaux latéraux représentent saint Michel avec le donateur à gauche et sainte Catherine à droite ; le cadre est encore celui d’origine et sur la face extérieure des hublots se trouve une Annonciation peinte en grisaille.
Hubert meurt le 18 septembre 1426 et Jan poursuit la réalisation de la grande œuvre de la peinture flamande du début du XVe siècle, le Polyptyque de Gand, qu’il achève en 1432. Il s’agit d’une commande de Jodocus Vijdts et de son épouse Isabella Borluut. Il est composé de nombreux panneaux. Lorsqu’il est fermé, il représente l’Annonciation. Lorsqu’il est ouvert, la partie supérieure montre ce que l’on appelle la Désis, c’est-à-dire Jésus-Christ au centre en tant que Pantocrator et sur les côtés la Vierge Marie et Saint Jean l’Évangéliste, tandis qu’à gauche se trouvent les anges chanteurs et Adam et à droite les anges musiciens et Ève. Au-dessous, un grand panneau représente l’Agneau mystique dans des prairies verdoyantes, avec différents groupes sociaux qui viennent l’adorer. De part et d’autre se trouvent les Chevaliers du Christ et les Juges intègres (à gauche) et les Ermites et pèlerins (à droite). On y trouve également des allégories des vertus, la Justice, la Force d’âme, la Prudence et la Tempérance. Cette œuvre présente certaines des caractéristiques typiques de la peinture de Van Eyck : naturalisme analytique, utilisation de couleurs lumineuses, soin apporté à la représentation du paysage et grand lyrisme, autant d’éléments que l’on retrouve même dans les tableaux exécutés quelques années après le polyptyque de Gand.

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