Malek Bensmaïl

Malek Bensmaïl (ALA-LC : malik bin ‘iismaeil ; arabe : مالك بن اسماعيل ; Constantine, Algérie, 1er juin 1966 (56 ans)) est un cinéaste, documentariste, scénariste, écrivain et producteur algérien.

Biographie

Très tôt, il fait des essais en super 8 et remporte le premier Prix national du film amateur en Algérie. Après des études de cinéma à Paris, suivies d’un stage aux studios Lenfilm à Saint-Pétersbourg, elle consacre sa filmographie à la création de documentaires, totalement engagés pour son pays. Ses films dessinent les contours d’une humanité complexe : démocratie, modernité-tradition, langue, identité, société. Une volonté d’enregistrer la mémoire contemporaine et de faire du documentaire un objet de démocratie et de réflexion.

En 1996, Territoire(s) sort un essai documentaire sur la violence archaïque en Algérie et dans le monde arabe et la violence post-moderne en Occident. Entre vidéo et documentaire, le film remporte des prix internationaux prestigieux tels que le Loupbar, Prix du meilleur documentaire découverte au Festival du nouveau cinéma de Montréal, et le Prix de la télévision à Avança/Porto. Territoire(s) est projeté dans le monde entier. La même année, il réalise pour Canal + un court métrage entre fiction et documentaire, qui raconte l’autocritique des téléspectateurs à l’égard de la mono-télévision : Algerian TV Series ; il réalise également une émission culte Culture Pub en Algérie.
L’année 1998 est placée sous le signe de la musique, et Malek Bensmaïl dresse dans son film Décibled le portrait de cinq musiciens algériens, transcendés par l’exil derrière l’arbre raï qui cache la forêt. Résistance, musique et politique avec Gnawa et Amazigh Kateb, Djamel Benyelles, Markunda, Aurès, le Diwan de Bechar et Malik.

En 1999, il coréalise un film historique sur Mohammed Boudiaf, le président algérien assassiné six mois après son retour d’un exil de 30 ans. Boudiaf, un espoir assassiné est un film qui a également été déprogrammé par Arte et reprogrammé quelques mois plus tard, pour ne pas gêner les élections présidentielles algériennes de 1999.

En 2000, Des vacances malgré tout est un succès et remporte plusieurs prix, dont le Prix du Patrimoine au Festival du Cinéma du réel. Depuis 20 ans, Kader, émigré algérien en France, construit une maison dans son village natal, non loin d’Alger, pour son frère. Pour la première fois, la famille va passer les vacances d’été dans cette maison… Une comédie documentaire.

En 2001, il réalise un court métrage de fiction Dêmokratia, diffusé par Arte avec l’humoriste Louis Beyler, un film formel, une adaptation très libre d’Un mal de vivre de Mimouni, une fable sur les rouages de la dictature et du pouvoir absolu.
Pour se purifier de tous les maux de son pays, il réalise Plaisirs de l’eau, les bains de ce monde flottant en 2002, un film sur le reportage de Homme avec les bains. L’occasion qui amènera inexorablement quatre personnages autour du monde dont les vies seront unies par la passion de l’eau et des bains.

En 2003, il coréalise avec le journaliste Thierry Leclere Algérie (s), l’année sanglante de l’Algérie», un film documentaire d’investigation en deux parties ; qui éclaire et montre à travers des archives et des interviews inédites de personnalités du gouvernement, de l’armée, des islamistes, de la société civile, la descente aux enfers du peuple algérien ; et, dissèque les maux qui ont fait régner la terreur dans le pays.
Ce film «Algérie(s)» en deux épisodes est édité par les Editions Montparnasse.

En 2005, le film Le Grand Jeu, sur la campagne présidentielle algérienne de 2004, qui a réélu Abdelaziz Bouteflika à 85%. Le film est interdit de diffusion, censuré à ce jour en France et en Algérie. Un grand débat sur cette censure et les liens politiques entre l’Algérie et la France a été organisé à la SCAM avec Le Canard Enchaîné.
En 2004, elle rend hommage à son père, l’un des fondateurs du cinéma algérien, en jouant dans Aliénations, un film tourné au plus près des malades mentaux et de leurs familles. Le film connaît un succès international et remporte des prix internationaux prestigieux tels que le Grand Prix des bibliothèques au Festival du cinéma du réel à Paris, le Grand Prix du documentaire à la Biennale des cinémas arabes à Paris, le Magnolia Award du meilleur documentaire au Festival international de Shanghaï et le Prix spécial du jury au Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco).

En 2008, il réalise La Chine est encore loin, un long métrage documentaire. Il y fait la chronique d’une enfance dans un village des Aurès, «berceau de la révolution algérienne», et tente de comprendre les intérêts du nationalisme et de l’intégrisme à travers le prisme de la transmission du savoir, à l’occasion du 50e anniversaire de l’indépendance.

En 2010, il signe un documentaire Guerres secrètes du FLN en France, film de référence sur les stratégies du FLN, le deuxième front en France et la guerre fratricide entre le FLN et le MNA, pour la case infrarouge de France 2. Un regard historique sur une histoire méconnue.

En février 2012, l’Ina sort un coffret DVD de films récents sous le titre Malek Bensmaïl, un regard sur l’Algérie d’aujourd’hui. Il l’a coréalisé avec M. Colonna sous forme de documentaire pour France 3 et la RTBF, sur l’année de l’indépendance algérienne : 1962, de l’Algérie française à l’Algérie algérienne.
En 2013, il réalise Ulysse, le brûleur de frontières et la mer blanche du milieu pour l’exposition inaugurale Méditerannées/Marseille, Capitale culturelle de l’Europe 2013 (commissaire culturel de l’exposition : Yolande Bacot). Un film en forme de voyage qui dresse le portrait de la nouvelle donne économique, politique et sociale du bassin méditerranéen.



En 2015, elle réalise Contre-pouvoirs pour le cinéma. Une immersion au cœur de la rédaction d'»El Watan» à Alger lors des dernières élections présidentielles.

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