Mamertinos

Les Mamertins (en oscan, Mamertini, fils de Mars) étaient des mercenaires d’origine italique engagés en Campanie, leur lieu d’origine, par Agatocle, tyran de Syracuse. À la mort d’Agatocle, en 289 av. J.-C., nombre de ces mercenaires se retrouvèrent désœuvrés et sans emploi en Sicile. La plupart d’entre eux rentrèrent chez eux, mais certains restèrent sur l’île et jouèrent un rôle de premier plan dans la préparation de la première guerre punique.

Prise de Messana

Le petit groupe de renégats de l’époque s’empare de la ville grecque fortifiée de Messana (aujourd’hui Messine). Messana était un point stratégique, construit à la pointe nord-est de la Sicile, et un point de passage vers le continent avec Regio. Comme il s’agissait d’une ville paisible, ses habitants permirent aux mercenaires d’entrer dans leurs maisons. Au bout d’un certain temps, ils s’impatientèrent et complotèrent pour s’emparer de la ville. Une nuit, ils trahirent leurs hôtes et tuèrent par surprise la majeure partie de la population, s’appropriant ainsi la ville. Les Messins survivants sont bannis et leurs biens et leurs femmes sont répartis. Après leur victoire, les mercenaires se firent appeler Mamertins en référence à Mamers, l’équivalent oscanien de Mars, le dieu de la guerre.

Domaine mamertin du nord-est de la Sicile

Les Mamertins ont tenu la ville de Messana pendant une vingtaine d’années. D’une ville animée d’agriculteurs et de commerçants, ils en font une base de raids. Ils deviennent des pirates, par mer et par terre. Profitant de la tranquillité des Siciliens, ils pillent les localités voisines et capturent des navires de commerce sans méfiance dans les détroits, ramenant le butin à leur base. Ils capturent des prisonniers et exigent des rançons. Pendant cette période, ils frappent des pièces de monnaie portant leur nom et les images de leurs dieux. Leurs exploits les rendent riches et puissants. Ils commencèrent à s’enfoncer de plus en plus dans l’île, jusqu’à Gela.

Déclin des Mamertins

En 270 avant J.-C., les excès des Mamertins attirent l’attention de Syracuse, grâce aux réfugiés des colonies pillées. Hieron II de Syracuse commence à lever une armée de citoyens pour se débarrasser des agitateurs et sauver ses compatriotes grecs.
Hieron rencontra les Mamertins alors qu’ils se trouvaient près de Syracuse. Défilant avec ses troupes, il envoya d’abord ses mercenaires indisciplinés en avant, ce qui leur valut d’être massacrés par les Mamertins. Après s’être débarrassé de la partie déloyale de son armée, Hiéron ramena son armée de citoyens à la ville, où il leur enseigna comment mieux se battre. Menant son armée loyale vers le nord, il rencontra à nouveau les Mamertins au fleuve Longanus dans la plaine de Milas, où il les vainquit facilement, car ils n’étaient pas habitués aux grandes batailles rangées et étaient devenus imprudents après la défaite des mercenaires d’Hiéron. Au cours de la bataille, Hieron capture les chefs mamertins, tandis que les autres s’enfuient pour se mettre à l’abri à Messana. Hiéron avait restreint l’activité des Mamertins, les mettant dans une situation grave.
Gustave Flaubert écrit dans son roman Salammbô que les Grecs chantaient la vieille chanson des Mamertins : «Avec ma lance et mon épée, je saute et je moissonne, je suis le seigneur de la maison ! Les désarmés tombent à mes pieds et m’appellent Seigneur et Grand Roi».

Similar Posts: